Psychiatrie

Un psychiatre est un médecin qui se spécialise dans le diagnostic et le traitement des troubles mentaux. La psychiatrie est considérée comme un service de 2e et 3e ligne, c’est à dire qu’un ensemble d’autres démarches peuvent être nécessaires, avant de justifier le besoin de consulter en psychiatrie.

Avant tout, en cas de crise, il existe des ressources en mesure de fournir un soutien 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Il s’agit des centres de crise du Québec, qui sont des organismes communautaires. On peut trouver celui qui se trouve le plus près de chez nous via ce site.

En cas de crise aiguë, il est aussi possible de se présenter à l’urgence. Certaines urgences ont une aile psychiatrique, et dans d’autres cas, les patients sont transférés là où un support est possible. De manière générale, lorsque quelqu’un a des idées suicidaires inquiétantes, des hallucinations ou des idées délirantes, il est convenable de se rendre à l’urgence.

Mais de manière générale, s’il ne s’agit pas d’une crise aiguë qui requiert immédiatement de l’aide, pour emprunter la voie médicale, on débute par rencontrer son propre médecin de famille. Celui-ci pourra déterminer si on semble souffrir de dépression ou d’anxiété, et si d’autres causes physiologiques sous-jacente demandent investigation. Au besoin, les tests nécessaires seront demandés par notre médecin, qui pourra mieux nous évaluer. Comme c’est en général le professionnel de la santé qui nous connait le mieux, il est aussi en mesure au besoin de prescrire certaines médications pour l’anxiété ou la dépression. C’est aussi ce dernier qui pourra nous indiquer s’il est souhaitable de consulter un médecin spécialiste, ou de faire effectuer une évaluation psychiatrique.

Advenant que ce soit le cas, il faudra passer par une démarche qui peut prendre plusieurs mois à travers le guichet d’accès en santé mentale. C’est le point d’entrée pour les soins en santé mentale. Selon les cas, les professionnels qui s’y rapportent sont en mesure de référer à des psychiatres, psychologues, infirmiers spécialisés en santé mentale, travailleurs sociaux, ou à d’autres ressources appropriées. Le chemin pour se rendre en psychiatrie peut donc être long, et bien que ce soit frustrant lorsqu’on juge qu’il soit nécessaire de rencontrer un spécialiste, ou lorsque les impacts sur la vie de tous les jours sont importants, cela permet d’éviter un engorgement des services puisqu’il n’est souvent pas nécessaire de se rendre en psychiatrie.

Une consultation en psychiatrie peut s’apparenter à la consultation d’un psychologue au départ. Le médecin brossera le portrait de la situation en explorant avec nous ce pourquoi on consulte, l’état de notre vie personnelle et professionnelle, nos antécédents familiaux, notre état de santé générale, nos habitudes de vie. Il sera en mesure de suggérer différentes pistes ou démarches complémentaires à la médication. Là où cela diffère d’une démarche en psychologie, c’est que le psychiatre sera aussi en mesure de prescrire différentes médications ou traitements afin d’aider le patient pris avec un trouble, que ce soit par exemple de l’anxiété, ou une dépression. Le psychiatre intègre dans son approche à la fois la biologie, la psychologie, et l’aspect social dans le traitement des troubles mentaux. Il y aura souvent un suivi périodique afin de suivre l’évolution du patient, d’évaluer l’effet d’un médicament prescrit, et de faire des ajustements au dosage, ou à la molécule, au besoin. Contrairement à une démarche en psychologie, il n’y aura pas un suivi hebdomadaire et des interventions du même type que ce qu’un psychologue peut faire au niveau des pensées, des habitudes ou des attitudes.

Je crois qu’il faut voir les démarches en psychologie et en psychiatrie comme complémentaires. La médication aide, et peut être suffisante dans certains cas. La thérapie aide, et peut être suffisante dans certains cas. Mais l’approche combinée augmente les chances de succès. J’ai personnellement eu beaucoup de difficulté à accepter de devoir prendre des médicaments, mais je ne peux nier les bénéfices qu’ils emmènent, et si c’est nécessaire à mon mieux être, alors pourquoi pas. Pour ma part, il m’a fallu de nombreuses années avant d’enfin consulter en psychiatrie de manière sérieuse, en partie à cause de la difficulté d’accès, mais surtout par orgeuil mal placé. Je conseil fortement à quiconque souffre d’un trouble mental débilitant, à ne pas hésiter à consulter. Une partie du problème en ce qui me concerne est ce désir d’en venir à bout seul, sans aide extérieur, par honte d’avouer souffrir de ce trouble. Si vous croyez que de demander de l’aide n’est pas justifié, ou si vous avez honte de le faire, je vous invite à sérieusement revoir cette position, car de demander de l’aide est le pas le plus important.


Qui éprouve de vifs sentiments observe peu. Les gens heureux sont de mauvais psychologues. Seul l’individu inquiet aiguise ses sens au maximum. L’instinct du danger lui insuffle une perspicacité qui dépasse de loin celle qui lui est naturelle.

Stefan Zweig, Ivresse de la métamorphose (1984)


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