Bouddhisme Séculier

Cet article sera bref. J’ai mentionné l’importance récente de la méditation dans ma vie, en en ayant fait une pratique quotidienne. Il s’opère en moi un ensemble de changements subtils, mais fort intéressants, et bénéfiques. J’y reviendrai davantage dans un article ultérieur, mais force est de constater, que les différentes techniques de méditation contribuent chacune à leur façon à un changement interne qui, subjectivement, prend une place importante en moi.

Mon besoin d’en comprendre davantage le fonctionnement m’a récemment mené vers un intérêt pour le fonctionnement du cerveau, et je songe maintenant très sérieusement à trouver une manière de pouvoir y consacrer davantage de temps, voir à en faire une avenue professionnelle sérieuse. Cet intérêt récent n’est pas non plus l’objet de cet article. Non, c’est plutôt la quête de sens qui accompagne tous ces changements, ce besoin d’être en mesure de mieux les intégrer conceptuellement, d’examiner ma vie sous la loupe qu’ils procurent, d’avoir enfin, une manière d’atténuer la souffrance, un mode d’emploi qui fonctionne, qui soit stable, dans lequel j’ai entièrement confiance.

Je me suis depuis très longtemps défini comme ayant un tendance agnostique. Pas athée puisque je ne peux pas prétendre qu’il n’y a rien, puisque ce serait en soit une croyance indéfendable. Mais bien agnostique, en ce sens que je sais que je ne sais pas, c’est un fait. Je n’ai jamais eu l’illumination d’un dieu venant me communiquer ses messages, ni une réponse flagrante à une prière faite en présence du désespoir. Et s’il ce fut le cas, j’aurais mis le tout sous la responsabilité d’un épisode psychotique! Comme le disait nos enseignants lors de leur tentative de nous éduquer à la religion dans ma jeunesse, avant tout, il faut la foi. Je n’ai pas la foi, du moins pas celle-là.

Cependant, dans l’ensemble des religions qui s’offrent à nous, il en est une, et plusieurs de ses courants, qui a une approche foncièrement différente. C’est la religion boudhiste. Les enseignements de Siddhartha Gotama (Buddha) incitent fondamentalement à douter, à ne rien prendre pour acquis. Il s’agit en quelque sorte de constats, qu’il est difficile de ne pas partager, notamment les 4 nobles vérités, et d’une démarche, permettant de cesser la souffrance, qu’on nomme le sentier octuple. Je me suis déjà intéressé au bouddhisme par le passé, mais certains éléments me rendaient mal à l’aise. La religion boudhiste parle aussi de réincarnation, de karma, dans certains cas de divinités ou d’esprits, de supernaturel notamment à travers les pouvoirs dont disposeraient ceux qui ont connu l’éveil, comme la préscience ou la téléphathie. Je ne pouvais accepter des croyances imposées, et invérifiables.

Cependant, il existe aussi une approche différente au bouddhisme, soit celle d’en considérer avant tout la philosophie, et de laisser tomber les dogmes, croyances et rituels. Ce n’est aucunement incompatible avec les enseignement initiaux puisque le doute, et la vérification par soi-même, sont les fondements mêmes du message initial. J’ai récemment découvert qu’il existe un courant de bouddhisme séculier, et je commence à peine à m’y intéresser. Je ne compte pas y trouver d’illumination soudaine, mais la démarche qui y est établie résonne avec moi, et je ne peux qu’en constater subjectivement les bienfaits. L’impermanence des choses, la primauté de relations de causes à effets, ou l’absence d’essence ne peuvent être réfutés, ce sont en quelque sorte, des évidences.

N’étant qu’au tout début du parcours, il me reste certains éléments d’incertitude importants quant à l’implémentation des enseignements dans la vie de tous les jours. Par exemple, même s’il y est enseigné que les actions, pour être justes, doivent être entières, j’ai un peu de difficulté à comprendre ce que ca indique au niveau de nos décisions à conotation morale, comment mettre en pratique cet élément d’entièreté, de compréhension de l’enjeux dans sa globalité, dans mes décisions. Pour le moment je le résume à reconnaître la responsabilité de mes actes, tenir compte de l’information que j’ai dans la prise de décision, avoir l’intention finale que la conséquence soit bénéfique au sens large, puis agir, et acceptant le résultat, sans m’attacher à la décision ou au résultat, sachant que j’ai bien agi en procédant ainsi. Ca ne règle évidemment pas les dilèmes moraux, mais je ne peux qu’en reconnaître la portée. Et puis il y a le doute quant à celui de devoir agir avec des gens qui n’ont pas la même finalité dans leur décision, loving-kindness oui, mais concrètement, on en fait quoi 🙂

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